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Subventions artistiques : comment faire face à la hausse des refus au Conseil des arts du Canada ?

Dernière mise à jour : 12 oct. 2025

Depuis quelques années, les artistes et organismes culturels vivent une réalité de plus en plus difficile : les refus se multiplient au Conseil des arts du Canada (CAC). Autrefois, un projet solide suffisait souvent à obtenir une subvention. Aujourd’hui, même des propositions bien construites se voient rejetées.

Les causes sont multiples : explosion du nombre de candidatures, budgets stagnants, nouvelles priorités sociales et environnementales. Dans ce contexte, il devient essentiel d’adapter sa stratégie de financement. Cet article propose une analyse lucide de la situation et des pistes concrètes pour rebondir.



Ressources sous tension


Le CAC fait face à des contraintes budgétaires dans un contexte d’austérité culturelle et de priorités politiques renouvelées. Selon l’article « L’austérité et les promesses non tenues des libéraux en culture », publié par Réseau Art Actuel, le taux d’acceptation des demandes de subvention au Conseil des arts du Canada serait tombé à environ 16,2 %. Un recul considérable par rapport aux années précédentes. L’article souligne que cette baisse découle notamment d’une « explosion du nombre de candidatures » et du « manque d’ajustement budgétaire à la hauteur des besoins du milieu ».


2. Explosion des candidatures

Les programmes phares du CAC, comme Explorer et créer, attirent de plus en plus d’artistes, d’organismes et de collectifs. Le volume de demandes augmente chaque année, sans que les enveloppes budgétaires suivent au même rythme.


3. Nouvelles priorités stratégiques

Le CAC oriente désormais ses investissements vers des axes sociétaux forts : inclusion, jeunesse, écologie, équité autochtone et transformation numérique. Ces choix essentiels reflètent une évolution des politiques culturelles… mais accroissent aussi la concurrence.

En résumé : la qualité d’un projet ne garantit plus son financement. Ce sont les propositions à la fois artistiquement fortes et socialement signifiantes qui se démarquent.

Se démarquer : dépasser la simple qualité artistique


1. Valoriser l’impact social et artistique

Les programmes du CAC demandent de démontrer comment un projet contribue au développement artistique et au mieux-être collectif. Présentez clairement :

  • les publics touchés (jeunes, nouveaux arrivants, communautés marginalisées) ;

  • les enjeux que vous abordez (écologie, inclusion, participation citoyenne) ;

  • la contribution de votre projet à l’évolution de votre pratique.


2. Appuyer vos retombées sur des données concrètes

Les bailleurs recherchent des projets qui produisent des effets tangibles. Mentionnez :

  • le nombre de participants ou spectateurs ;

  • vos partenariats locaux ou sectoriels ;

  • les retombées prévues à moyen ou long terme.


3. Renforcer l’ancrage territorial

Les projets ancrés dans un territoire, portés en collaboration avec des organismes locaux, sont particulièrement valorisés. Le CAC souhaite soutenir des démarches qui créent un impact collectif, pas seulement individuel.


Diversifier vos sources de financement

En 2025, dépendre d’un seul bailleur devient risqué. Voici comment élargir vos horizons.


Subventions provinciales

  • CALQ (Conseil des arts et des lettres du Québec) : pour les artistes et organismes établis au Québec, avec des volets de création, diffusion, transition verte et développement régional.

  • CAM (Conseil des arts de Montréal) : met l’accent sur la diversité, la proximité et la durabilité.


Soutien municipal

  • Ville de Montréal – Montréal 2030 : programmes axés sur la culture participative, l’innovation citoyenne et l’inclusion sociale.


Autres leviers

  • Fondations privées : certaines soutiennent la relève ou des causes spécifiques (équité, médiation culturelle, santé mentale, etc.).

  • Partenariats d’affaires ou communautaires : les collaborations intersectorielles sont de plus en plus valorisées par les bailleurs.

  • Financement participatif (crowdfunding) : utile pour compléter une subvention ou mobiliser un public.


Transformer un refus en tremplin

Un refus du CAC ne signifie pas la fin de votre démarche. Voici trois réflexes essentiels :

  • Demandez une rétroaction : les agents de programme peuvent vous indiquer les points faibles de votre dossier.

  • Adaptez votre projet à d’autres programmes en modifiant la terminologie et les priorités.

  • Soumettez en parallèle plusieurs demandes : n’attendez pas une réponse pour avancer.

Selon le Guide pratique pour rédiger une demande de subvention (Pierre Beaudoin, 2023), « se faire relire et confronter ses idées à des pairs augmente considérablement la qualité d’un dossier ».

Le regard d’Impulsion

Chez Impulsion, nous observons une véritable crise de capacité : trop de projets pertinents, pas assez de fonds disponibles. Pourtant, certaines démarches se démarquent. Celles qui :

  • racontent un projet mobilisateur, pas seulement une suite d’activités ;

  • misent sur la collaboration et la mutualisation des ressources ;

  • anticipent les tendances : inclusion, écologie, numérique, ancrage communautaire.

Cette hausse des refus n’est pas qu’une mauvaise nouvelle. Elle invite le milieu à renforcer la stratégie de financement et à redéfinir la valeur sociale de l’art.


Conclusion

Le financement artistique au Canada vit une mutation. Pour y naviguer, les artistes doivent devenir stratèges : comprendre les orientations des bailleurs, démontrer l’impact de leurs projets et bâtir des dossiers cohérents et ancrés dans leur milieu.

Ces conseils renforceront vos chances. Et si vous souhaitez un regard extérieur, l’équipe d’Impulsion accompagne régulièrement des projets culturels pour construire des stratégies de financement solides et durables.



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